Tome 3

Pour empêcher une plante de geler au printemps, il n'y a qu'une solution : réchauffer.

Pas seulement.

 

Bizarrement, les viticulteurs du Chablis ont choisi une méthode originale pour lutter contre les gels tardifs, qui sont fréquents à cette latitude ; plutôt que de réchauffer l'atmosphère par des brûlots, ils provoquent un gel dirigé : ils aspergent les pieds d'eau lorsqu'il gèle. Cette eau va se transformer en glace, formant une gangue protectrice à 0°C autour des jeunes pousses tendres et fragiles, empêchant qu'elles ne souffrent de températures plus basses.

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Il ne faut pas mettre de plantes dans sa chambre à coucher.

Pourquoi pas ?

 

Les plantes absorbent le gaz carbonique et rejettent de l'oxygène.

 

L'idée selon laquelle, la photosynthèse s'arrêtant la nuit, la plante rejette alors du gaz carbonique, n'a guère de sens : les quantités libérées sont minimes.

 

Certaines sont considérées que de bons dépolluants de l'atmosphère (mais peut-être n'est-ce qu'un effet de mode actuel). Certains polluants de l'air, souvent présents dans les habitations, seraient absorbés et métabolisés par des plantes : ammoniac, benzène, formaldéhyde, toluène, xylène, trichloréthylène sont les polluants qui ont été étudiés, notamment par la NASA, les plantes pouvant un jour servir à dépolluer l'atmosphère confinée des stations spatiales. Sont citées comme des plantes dépolluantes : cyclamen, spathiphyllum, orchidée, chlorophytum, pothos, chrysanthème des fleuristes, dracæna, gerbéra, anthurium pour citer les plus courantes.

Les crampons du lierre dégradent la façade.

Non.

 

J'aurais même tendance à dire qu'ils protègent les revêtements de façade contre les intempéries, le gel notamment, ainsi que contre la pollution.

Une plante (vivace) qui a fleuri pourra toujours refleurir.

Ce n'est pas toujours vrai.

 

Il existe dans la nature des plantes qui ne fleurissent qu'une fois :

 

• Les agaves mettent plusieurs années à donner une grande hampe florale qui ressemble à un arbuste ; à la fin de la floraison, des bulbes s'y forment, qui en tombant au sol vont immédiatement prendre racine et redonner chacun une nouvelle plante. Après avoir fleuri, la plante meurt.

 

• Les broméliacées sont des plantes tropicales. Celles qui sont épiphytes (vivant sur les arbres) ne fleurissent qu'une fois ; après la floraison, des rejets vont apparaître autour, qui fleuriront à leur tour une fois. Après avoir fleuri, la plante continue à vivre.

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un agave en fleur

une broméliacée : vriesea

On a nommé les hybrides F1 en référence à la Formule-1, clin d'œil pour des variétés à pousse très rapide.

Non.

 

Les hybrides sont des croisement entre deux variétés génétiquement pures. On appelle F1, F2, F3, etc. les générations successives d'un croisement contrôlé. Vendre des semences hybrides sous-entend nécessairement qu'elles sont F1. Cette première génération est en effet constituée d'individus identiques génétiquement, tous croisés. A partir de F2, on ré-obtient en partie des individus identiques aux parents originels.

 

On peut représenter le croisement par le schéma suivant, où A-A et B-B sont les parents variétalement purs :

 

A-A croisé avec B-B donne 100 % de A-B

 

A-B croisé avec A-B donne des A-A, des B-B et des A-B

 

Si les « enfants » de génération F1 sont meilleurs, c'est d'abord parce qu'ils combinent les avantages de deux parents, mais également par ce qu'on appelle « effet d'heterosis », un renforcement dû au croisement, qu'on retrouve également chez les animaux : les bâtards sont plus résistants que les races pures.

 

Les hybrides F1 sont souvent plus résistants aux maladies et aux aléas climatiques, car ils possèdent un potentiel génétique plus riche et performant que les variétés traditionnelles, comme en témoigne le gain continu de résistance aux maladies des variétés disponibles dans le catalogue officiel. Pour certaines espèces comme le tournesol, l'hybridation a permis de mettre fin aux ravages du mildiou.

Une plante se nourrit par ses racines.

Assez peu.

 

L'essentiel de la nourriture d'une plante, celle qui correspondrait chez nous aux féculents (pâtes, riz, pommes de terre, pain …) se fait par les feuilles, par transformation du CO2 de l'air en sucres (avec l'eau venant des racines) grâce à l'énergie apportée par la lumière. C'est la photosynthèse.

 

Les racines apportent malgré tout de l'indispensable en solution dans l'eau : les sels minéraux.

 

Une seule exception, en ce qui concerne le rôle des racines : chez les plantes strictement parasites (donc sans parties vertes, sans chlorophylle), les racines, qui sont devenues des organes modifiés adaptés à pénétrer dans d'autres végétaux, puisent directement la sève élaborée contenant tous les aliments fabriqués par la plante-hôte : ils tirent donc toute leur alimentation de leurs racines.

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Une plante parasite stricte : orobanche

La meilleure taille de l'arbre (ou de la vigne …) se fait en hiver, période de repos végétatif.

Ce n'est pas une évidence.

 

Certains estiment en effet que la meilleure taille se fait lorsque le végétal est encore (ou déjà) en activité, car la cicatrisation des tissus lésés se fait alors mieux, empêchant les vecteurs de maladies (virus, spores de champignons …) de pénétrer.

Les fruitiers nains pour pots et jardinières ont beaucoup de succès depuis quelques années ; ils sont obtenus par traitement chimique d'une variété normale.

 

 

 

Non.

 

Les variétés naines sont essentiellement des variétés normales greffées sur des variétés « nanifiantes ».

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Pour bouturer, il faut couper un tronçon de tige.

Pas nécessairement.

 

Le bouturage le plus simple à faire, qui s'appelle d'ailleurs un marcottage, consiste à plier une branche et l'enfouir légèrement dans le sol, et à maintenir celui-ci humide. Une fois les racines apparues, on peut séparer la nouvelle plante ainsi obtenue.

 

Enormément de plantes se marcottent, et c'est souvent plus facile que le bouturage.

 

On peut même faire du marcottage aérien, si les branches ne peuvent pas se plier jusqu'au sol : on entoure la tige d'un manchon qu'on maintient humide jusqu'à l'apparition des racines (il est souvent conseillé d'entailler l'écorce en anneau à cet endroit).

Il y a d'un côté les engrais organiques, et de l'autre les engrais de synthèse.

Ce n'est pas aussi simple.

 

L'urée est par exemple un composé chimique à la fois organique et de synthèse.

 

L'urée est très utilisée comme engrais azoté en grandes cultures ; c'est l'engrais le plus concentré en azote, et il est bon marché. Sa fabrication industrielle se fait à partir d'ammoniac et de gaz carbonique.

 

C'est en 1828 que pour la première fois, en réussissant à synthétiser l'urée, on établissait qu'il n'y avait pas de frontière nette entre les molécules du vivant et celles du minéral.

 

Epandre du purin animal (urine essentiellement, donc riche en urée), c'est « bio ».

 

Mettre de l'urée sous forme de granulés, c'est le contraire du « bio ».

 

Il s'agit pourtant de la même chose.

 

Evidemment, la démarche « bio » ne s'intéresse pas qu'au produit utilisé, mais à l'impact de sa fabrication. L'urée industrielle est notamment énergivore.

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