Tome 8

Porter des vêtements en coton, c'est plutôt écolo-nature.

Moyennement.

 

La culture du coton est une des plus intensifiées qui existe. Elle consomme d'énormes quantités d'insecticides pour contrer les attaques de diverses chenilles sur les capsules encore vertes.

 

Relevé sur internet :

« Le blanchiment du coton exige fréquemment d'utiliser du chlore ou des azurants chimiques. La teinture du coton, elle, requiert souvent d'employer des métaux lourds comme du plomb ou du chrome, évidemment toxiques.

Le coton représentait en 2008, 2,5% des surfaces cultivées, mais 25% des insecticides utilisés sur la planète, jusqu’à 30 traitements par an, 1 million de personnes intoxiquées dont 22.000 morts chaque année (chiffres OMS). »

Les forêts sont en péril.

A nuancer fortement.

 

Ca dépend où, et sur quels critères on se place.

 

S'il est clair que la forêt primaire en Amazonie ou en Indonésie disparaît encore et toujours sous la pression, notamment, de l'agriculture intensive, la forêt n'est pas en péril en France, ainsi que dans la plupart des pays les plus riches.

 

La surface forestière en France a eu tendance à augmenter régulièrement tout au long du 20e siècle. Par contre, si on ne se place pas du point de vue de la surface mais du point de vue de la biodiversité, certaines régions ont vu leur forêt s'appauvrir considérablement dans la deuxième moitié du 20e siècle du fait de plantations intensives, notamment de résineux. Il semble que ce mouvement se soit « tassé » ces dernières années, les pouvoirs publics devenant en particulier beaucoup plus réticents à subventionner ce genre d'activités.

Plantes protégées, plantes menacées, c'est un peu la même chose.

C'est loin d'être toujours vrai.

 

Une plante peut être protégée au niveau d'une région, mais très courante ailleurs. On aura par exemple tendance à protéger une plante méditerranéenne, ou une montagnarde, etc. qui pousse en dehors de sa région d'origine. Une plante peut également être courante dans son milieu, mais les menaces qui pèsent sur ce milieu ont provoqué des mesures de protection.

 

Les plantes les plus menacées d'extinction actuellement en France sont aussi parmi ce qu'on appelle les messicoles : ce sont des plantes typiques des moissons (l'exemple le plus connu est le bleuet, mais celui-ci, même s'il est moins courant qu'avant, n'est pas en voie de disparition).

Elles ont disparu du fait de l'usage généralisé des herbicides et des engrais. Les plantes messicoles, du fait même de leur milieu (les cultures), ne peuvent bénéficier de mesures de protection réglementaires. C'est le cas de Bupleurum rotundifolium, devenu plante rare en France :

Bupleurum

Le houx est un arbuste.

 

 

 

 

 

Pas toujours.

 

Certains houx peuvent devenir de grands arbres. 

Houx

On faisait des balais avec les genêts.

Oui, mais …

 

Du point de vue de l'origine des noms, il est amusant de voir que le mot « balai » était à l'origine un mot celte utilisé pour désigner la plante à fleurs jaune qu'on appelle maintenant genêt. Le mot balai a continué à exister dans certains patois de France pendant des siècles. Du fait de l'usage des branches de genêt mises en bouquet au bout d'un manche, donc des branches de « balai », le mot est resté en français pour désigner l'instrument.

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La plupart des remèdes de grand-mères pour se soigner par les plantes sont des légendes.

Il y a évidemment beaucoup de remèdes de grands-mères relevés dans la littérature du 19e siècle qui nous font sourire maintenant, mais il est étonnant de voir le nombre de plantes qui se sont avérées aussi médicinales que ce qui était décrit il y a plusieurs siècles, analyses biochimiques actuelles à l'appui.

 

Prenons deux exemples :

 

• Le tussilage « pas d'âne » (Tussilago farfara) est une fleur jaune qui apparaît dans les terres remuées dès le mois de mars, avant les feuilles. Dès l'antiquité, et ce jusqu'en Chine, la plante est décrite comme ayant des propriétés vis à vis de maladies respiratoires, surtout comme anti-tussif. En France, il y a encore une cinquantaine d'années, on fumait encore dans les campagnes des feuilles de tussilage pour soulager l'asthme. La pharmacopée moderne admet toujours le « pas d'âne » pour soulager la toux.

 

• On a découvert récemment, en analysant la plaque dentaire de restes archéologiques, que l'homme de Neanderthal faisait usage de plantes contenant de l'acide salicylique, "ancêtre" de l'aspirine.

Les bio-carburants à base de plantes ne sont pas vraiment écolo.

A l'argument « au Brésil, ils ont réussi à faire rouler leur flotte de véhicules à l'alcool de canne à sucre », il est répondu souvent : « On défriche la forêt amazonienne pour planter de la canne à sucre ».

Le contre-argument est peu recevable : on défriche la forêt amazonienne essentiellement pour semer du soja, culture beaucoup plus rentable. La canne à sucre est cultivée essentiellement autour de Sao Paulo.

 

Un autre argument est avancé : « la fabrication de l'alcool (éthanol) par distillation est très coûteuse en énergie ». Si une partie de l'alcool produit sert à chauffer pour distiller, on ne voit pas vraiment où est le problème. On s'accorde généralement à admettre que le bilan énergétique de l'éthanol de canne à sucre est bien meilleur que celui des carburants à base fossile (pétrole, gaz).

 

Encore un autre argument, qui est notamment évoqué vis à vis du colza, avec lequel on produit en France du diester, incorporé au gazole : « les surfaces utilisées pour produire de quoi faire rouler les voitures entrent en concurrence avec les ressources alimentaires ». Cet argument est peu recevable en cette première décennie du 21e siècle où quasiment tous les prix agricoles se sont effondrés, et pas seulement en France, posant des problèmes économiques majeurs au monde agricole. Il n'y aura eu finalement qu'un seul siècle, le 20e siècle, au cours duquel les surfaces agricoles ont servi presque exclusivement à l'alimentation humaine. Depuis que l'agriculture existe, depuis des milliers d'années, on a utilisé les surfaces agricoles pour tirer l'énergie nécessaire aux déplacements : il fallait nourrir les centaines de milliers d'animaux utilisés à porter, tracter … : les chevaux, les bœufs, entraient largement en concurrence avec l'alimentation humaine.

Les plantes carnivores sont des plantes exotiques.

Pas seulement.

 

Il en existe même un nombre non négligeable en France, dont les célèbres Drosera (plusieurs espèces) si emblématiques avec leurs pièges à glu.

 

Moins connues, mais aux fleurs magnifiques sont les Pinguicula (plusieurs espèces), qu'on trouve essentiellement en montagne, dans les zones bien humides.

 

Encore moins connues, les utriculaires sont entièrement aquatiques. Elles « mangent » de minuscules organismes aquatiques en les faisant pénétrer dans des petites outres à couvercle. Elles donnent de jolies fleurs jaunes.

 

Toutes sont adaptées à des milieux très pauvres en azote, et ont développé la capacité « carnivore » comme source de cet élément essentiel.

 

Ces milieux étant rares et menacés, toutes les plantes carnivores de France sont protégées par la réglementation nationale.

Drosera
Pinguiculaz
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Drosera

Pinguicula

Utricularia

En serre, on « booste » les plantes avec des hormones de croissance.

Non.

 

Les hormones de croissance sont le plus souvent toxiques pour les plantes à dose plus élevée que ce qu'elles doivent recevoir. C'est d'ailleurs en utilisant cette propriété qu'on a créé la plupart des herbicides modernes : leurs molécules sont dérivées de molécule d'hormones végétales.

 

Par contre, on utilise ponctuellement des hormones végétales pour aider une fructification, pour favoriser l'enracinement de boutures, en cultures de cellules, ou encore pour induire la formation de « keikis » sur les tiges d'orchidées (un « keiki » est une petite orchidée qui se forme parfois naturellement sur un nœud de la tige florale ; on peut le transplanter pour obtenir une nouvelle plante).

Les bananes poussent sur un arbre, une sorte de palmier.

Non.

 

Le bananier a vaguement l'allure d'un palmier, mais ce n'est pas un arbre.

Le bananier est plus proche des herbes (herbe géante dans ce cas) que des arbres. Il est issu d'une pousse annuelle, qui disparaîtra une fois la fructification effectuée, remplacée par une autre pousse.

Le « tronc », qui n'est pas lignifié (qui n'a pas de bois), est constitué de l'ensemble des pétioles des feuilles enroulés les uns dans les autres. La coupe transversale du tronc montre bien la disposition « en oignon » :

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